L'histoire "officielle" fait une place importante aux faits militaires et aux "glorieux" chefs victorieux : Pétain, Foch, Joffre, etc. Parce qu'il faut aller à l'essentiel, ou par manque de temps, les données et les réactions humaines ne sont pas toujours abordées, dans les programmes scolaires ou dans les médias, avec toute l'importance qu'elles méritent à mes yeux.

LA DIMENSION HUMAINE / La dimension umana

Il faut aller au delà des analyses du déclanchement de la guerre, au delà des dates et des lieux symboliques, au delà des conséquences diplomatiques et militaires. Il faut, je crois, insister d'abord sur la terrible boucherie de cette guerre 14-18, accentuée parfois par des ordres malheureux ou irresponsables (voir l'exemple du chemin des Dames ...). Il faut mettre en avant le drame humain qui entraîna toute une génération à se perdre dans des trous d'obus ou dans des tranchées pilonnées par l'artillerie "ennemie", mais aussi par des tirs "de barrage" mal ajustés.Dans le même ordre d'idée, il faut donner un echo véritable aux mutineries de 17.

L'ECOLE AU SERVICE DE LA GUERRE/ L'escòla al servici de la guèrra

Un autre aspect, quelque peu tabou, mérite notre attention. L'école de la troisième République a non seulement été une machine à détruire les "patois", mais elle a aussi été un vecteur important pour préparer le conflit de 14-18. L'école au service de la guerre pour reprendre l'Alsace et la Lorraine...

L'ASPECT IDENTITAIRE/ L'aspècte identitari

N'oublions pas enfin d'évoquer une réalité du conflit qui n'est pas souvent prise en compte. L'histoire officielle et les manuels scolaires, au nom d'une image indivisible et unique de la République se gardent bien d'en faire écho.
Il nous appartient donc de rendre compte du terrible déracinement des poilus basques, bretons, catalans, corses ou occitans, sans oublier les nombreux "coloniaux". Pour tous, le déracinement géographique fut accentué par le déracinement linguistique. On le sait, mais on ne le dit pas, la langue familiale de ces soldats n'étaient pas le français que beaucoup ne maîtrisaient pas ou même ignoraient. Certains sont morts pour ne pas avoir compris les ordres.

LA PAROLE REDONNEE AUX POILUS.../ La paraula tornada donar als peluts...

A travers leurs cartes postales écrites au front, des poilus de tous grades et de toutes origines, nous livrent leurs récits et témoignages. C'est une fresque de leurs souffrances et de leurs envies. Une formidable mémoire vivante où parfois se mêle leur langue familiale, loin des communiqués laconiques de l'Etat-major... Pour ne jamais oublier...

Ives Rauzier, lo 15 de novembre de 1999